Aujourd’hui, les auteurs peuvent éditer et diffuser leur livre en toute liberté. Les frontières entre auteur, imprimeur, éditeur et lecteurs disparaissent, et chacun peut reprendre le contrôle de son œuvre.
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Un an. J'ai rarement mis aussi longtemps à chroniquer un livre. Et surtout un livre que j'ai vraiment apprécié pour sa délicatesse, sa tendresse lucide et son goût de l'authenticité. Pas de scandale. Pas de révélations hasardeuse. Tout au contraire, un élan vers ce passé qui permet au présent d'exister.
Alors quoi ? Pourquoi tergiverser autant ? Ce n'est pas ma faute, et je ne le ferai plus, pourrais-je dire comme la Jeanne de Victor Hugo qu'on a mise au pain sec pour s'être insurgée contre l'autorité, pendant que son grand-père sabotait la punition à coups de tartines de confiture (ce qui, au passage, n'est plus du tout d'actualité en terme d'alimentation saine.) En fait, je me dis que ce livre interroge la relation mère-fille, l'éducation en vogue, la parole éducative de l'époque. Avec toute sa justesse, il devient miroir. On s'attendait à être immergé dans une ambiance, celle de l'authentique photo de famille reproduite sur la couverture, et on se regarde comme dans un miroir. Chaque instantané est unique et universel. On parle couture, robe, poubelles, état-civil, école, etc, les sujets qui ont aussi étonné notre enfance. Autrement peut-être, mais au fond, de le même manière.
Du côté des petites filles
J'ai remarqué que mes prises de consciences sont comme diffractées dans le quotidien, c'est-à-dire que si les tensions avec ma mère s'accroissent, un livre traitant de ce sujet apparaît, un ami m'en parle ou je vois une conférence, comme par hasard. Et vendredi passé, il a fallu que je me retrouve à la conférence d'Aurélien Duarte, qui a réussi à faire boxer et respirer toute la salle en harmonie - une expérience singulière, une sorte de déclencheur qui m'a propulsée dans cette chronique. Comme l'éducation lui tient à cœur, il est très attaché à démontrer l'importance des expériences enfantines.
"Un enfant est une éponge, comme en état d'hypnose et il absorbe tout ce que son entourage lui propose. E, vrac et pour le meilleur et pour le pire." A la fin, il m'a conseillé un livre : l'autrice, italienne, y dénonce la construction des stéréotypes à partir d'observations de ces automatismes éducatifs. Comme j'ai tendance à considérer que je l'ai vécu de l'intérieur, je me dis que je vois exactement de quoi il s'agit.
Cette profondeur de vue, cette observation attentive et chaleureuse portée sur plusieurs générations, cette lucidité quant aux erreurs commises par mégarde, toujours empreinte de bienveillance, rend cet ouvrage à la fois léger et mélancolique et mine de rien, je me suis laissée prendre au jeu et nous voilà ici.
Offrir ce livre à sa meilleure amie, à sa mère ou à sa fille ?
C'est un cadeau qui touche et pour cause : le roman est écrit à la 2ème personne ! Ce "tu"remplit d'amour et d'intimité qui implique sans détour. Impossible d'en rester le témoin, on est forcément présent. C'est un défi et une force extraordinaire, un jeu d'équilibre magistral. Chapeau pour le style !
Les courts chapitres de ce roman, thématiques, qui présentent chacun une atmosphère, une tranche de vie, une couleur, une anecdote, se dévorent : en refermant le livre, je me suis dit qu'il était trop court, que j'aurai voulu revoir certains personnages rencontrés furtivement. Et pourtant, il s'agit bien d'une littérature engagée où les grands thèmes de la vie sont abordées : la liberté, le droit de choisir son métier par exemple, la nécessité, le regard des autres... Ce panorama résonne comme un appel à se retrouver et se reconnecter à soi-même.
C'est un peu comme la Strada, on est tous en chemin et chacun a son horizon...
L'écriture dans ce livre
Elle cette saveur de mon enfance. Voici un extrait :
"Une longue table occupe le centre de la cuisine. J’ai oublié la couleur de son bois. Elle est toujours recouverte d’une nappe cirée que masque un tissu brodé pour le déjeuner du dimanche et le goûter des invités. Bien au-delà des repas, elle sert à découper les tissus, étaler les pâtes, préparer les gâteaux, éplucher les pommes de terre, essorer la salade, faire le point des factures, regarder des photos, feuilleter des magazines et, deux fois par mois, à écrire.
Elle est alors débarrassée de tout ce qui l’encombre. Libre de toute distraction, hormis la tasse de café sucré et les enveloppes timbrées qui accompagneront tes missives jusqu’à leurs destinataires. Mon père déplore la disparition d’un livre qu’il a déposé sur la table au moment où tu t’accordes ta pause courrier. Tu ne l’entends pas. Tu tournes la tête vers la fenêtre, avales une gorgée de café, une bolée de ciel printanier, et places une feuille lignée sous le papier à lettres."
Je vous laisse savourer cet instant ressuscité.
Au plaisir de vous lire,
Céline.
La littérature indépendante n’a qu’un véritable soutien : ses lecteurs.
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C’est ainsi que les auteurs d’aujourd’hui trouvent leur place, en toute liberté, loin des circuits verrouillés.
Titre : Brûler la Neige (Çıkmaz sokak en VO) Auteur : Mustafa ÖZTÜRK Editeur : Amazon.com Le monde va si vite que ce roman vient juste de paraître en précommande sur Amazon. En 2024, je me suis propulsée à Istanbul pour 3 mois avec le rêve d'y rester. Bon, c'est un échec, j'ai dû me plier aux contraintes diplomatiques des 90 jours du visa touristique. C'était mieux que rien et durant ce séjour, j'ai réussi à passer une journée entière sous la pluie avec un calligraphe -influenceur Youtube en liberté financière-romancier. La chance. Pour une Française de la campagne bressane (fermes en pisé construites comme des forteresses autour de cours peuplées par les poules, les chiens méchants et les outils de jardins, entourées de fossés à purins et creusets d'histoires à laver en famille), Istanbul est un Eldorado et l'écart culturel peut sembler glissant. Heureusement, Mustafa a étudié le français et la littérature, il travaille en traduction et il a voyagé plusie...
Titre : Une vie pour la mienne Auteur : Laurent Grima Editions : Librinova Année de parution : 2023 Cette chronique est librement écrite en service presse. Ma Friche Urbaine : UTQPV - Urbanisme Transitoire des Quartiers Politique de la Ville. Avec un peu d'intuition, j'ai foncé dans le projet ! Résultat, un atelier d'enluminure et de calligraphie à peine ma formation finie. Ma vie est accélérée en ce moment, mes vœux sont exaucés à toute vitesse et ce n'est pas étonnant car à mon retour dans la ville des lumières, il m'est arrivé quelque chose d'étrange et agréable : la serveuse du restaurant où j'étais invitée m'a offert un trèfle à feuilles. Je l'ai rangé dans mon agenda pour que la chance sache ce que j'avais sur le grill en ce moment. Donc, enluminure, écriture, littérature, poésie, calligraphie, la vraie vie ! Toute ma gratitude à ma bonne étoile, à mon ange gardien ou aux vents favorables, aux marraines, aux dauphins, et pardon des oub...
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